Nous avons démarré l'année 2026 sur une note positive. À bien des égards, la nouvelle année semble s'inscrire dans la continuité de la fin de l'année 2025. Les rendements des obligations d'État sont restés dans une fourchette étroite ; en effet, l'indice MOVE, notre référence en matière de volatilité et d'incertitude sur le marché des bons du Trésor américain, est tombé à son plus bas niveau depuis 2021, ce qui suggère que les investisseurs sont globalement à l’aise avec les anticipations de politique monétaire des banques centrales.
Le débat s’est désormais déplacé du niveau des rendements obligataires vers la forme de la courbe des taux. Le consensus dominant anticipe une poursuite de la pentification, les investisseurs exigeant une compensation plus élevée pour détenir de la dette à long terme, dans un contexte de préoccupations liées à la dynamique des comptes publics et à la volonté des décideurs politiques d’y faire face.
Cette semaine, les obligations d'État européennes ont continué à surperformer modestement leurs homologues américaines, reflétant la trajectoire de moindre résistance des prix alors que les investisseurs envisagent la possibilité d’un assouplissement monétaire supplémentaire en Europe au-delà de ce qui est actuellement intégré dans les cours, en ligne avec des données d’inflation plus modérées. À l’inverse, des indicateurs d’activité plus solides aux États-Unis poussent les anticipations dans la direction opposée, soulevant la question de la pertinence d’un nouvel assouplissement monétaire.
Les marchés du crédit corporate continuent d'afficher une bonne santé, soutenus par des fondamentaux nettement plus solides que ceux de nombreux souverains sous-jacents. Une meilleure diversification, une prime de rendement attractive, un effet de « rolldown » positif et un positionnement sous-pondéré sur le crédit des marchés émergents continuent de soutenir cette classe d’actifs.
À l'aube de 2026, le contexte macroéconomique reste favorable aux marchés du crédit, avec un assouplissement des conditions monétaires et une impulsion budgétaire positive appelée à devenir un moteur de soutien de plus en plus important. À l’image des dernières semaines de décembre 2025, la nouvelle année débute avec le crédit à haut rendement qui continue de surperformer le crédit investment grade, le portage et les revenus de coupons s’affirmant une nouvelle fois comme les principaux moteurs de la performance totale.
Les marchés actions restent dynamiques. Notre indicateur de sentiment privilégié, le VIX, demeure stable dans la zone de faible incertitude. D'un point de vue fondamental, la croissance des bénéfices du S&P 500 devrait atteindre environ 15 % en glissement annuel, marquant ainsi la troisième année consécutive de croissance à deux chiffres, bien au-dessus de la moyenne sur 10 ans de 8,6 %. La croissance des bénéfices devrait également s’élargir au-delà des « Magnificent Seven », seules Meta et NVIDIA figurant parmi les principaux contributeurs à la croissance des bénéfices de l’indice. Les analystes prévoient que les 493 autres entreprises enregistreront une croissance des bénéfices d’environ 12,5 % en 2026. [1]
L'environnement macroéconomique reste favorable aux actions, tout comme au crédit corporate, avec des conditions financières qui restent souples, une augmentation du patrimoine des ménages et des soldes de trésorerie proches de leurs niveaux records (voir le graphique de la semaine). [2] Parallèlement, l'administration américaine devrait se concentrer sur les prochaines élections de mi-mandat, où les électeurs s'inquiètent principalement de la pression sur le coût de la vie.
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