À la suite de l’élection présidentielle américaine, une des nombreuses questions des investisseurs concernait la succession de la chevronnée Janet Yellen au poste de Secrétaire d’Etat au Trésor. Poste éminemment stratégique car, on le rappelle, c’est ce responsable qui est le principal conseiller du président pour les questions économiques et budgétaires. Donald Trump a répondu à cette interrogation en recrutant Scott Bessent.
En 2018, Larry Fink déclarait : "Pour prospérer au fil du temps, toute entreprise doit non seulement produire des résultats financiers mais également montrer comment elle apporte une contribution positive à la société". En tant que premier gestionnaire d’actifs mondial, BlackRock bouscule le monde des entreprises et redéfinit les attentes des investisseurs. Ce message s'inscrit dans une dynamique déjà amorcée par d'autres acteurs et, sous l'effet d'une pression réglementaire croissante, incite les entreprises à intensifier leurs engagements et à accroître leur transparence. Cette dynamique se traduit par un fort appétit pour les fonds ISR, qui surperfor-ment les fonds traditionnels, avec une collecte nette qui atteint 200mds€ en Europe, en 2021.
L’ESG en périlEntre guerre en Ukraine et hausse des taux, l'année 2022 marque un tournant. Les fonds ISR flanchent tandis que les secteurs traditionnellement exclus grimpent en flèche. En Europe, la multiplication des réglementations CSRD, Taxonomie suscite des critiques et appels à simplifications. De l'autre côté de l'Atlantique, le débat se politise : plusieurs États républicains s'insurgent contre ce qu'ils considèrent comme une dérive idéologique et s'opposent aux exigences ESG, jugées contraires aux intérêts économiques. Vivement critiqués, les investisseurs changent de cap et prennent leurs distances vis-à-vis de ces enjeux. Accusés de pratiques anti-trust, beaucoup quittent les alliances climatiques et Larry Fink va même jusqu’à bannir l’acronyme « ESG » de son vocabulaire pour éviter toute controverse. Depuis la réélection de Donald Trump, cette tendance s’intensifie avec notamment la nomination de Paul Atkins à la tête de la SEC1, connu pour son scepticisme sur l’ESG, ou encore le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, symbole majeur de l'engagement climatique international. La pression monte aussi chez les entreprises : rattrapées par les réalités économiques et opérationnelles, certaines sont contraintes d'ajuster leurs stratégies et de réduire leurs engagements sociaux et environnementaux.
L’ESG est-il a bout de souffle ?Si l'engouement semble faiblir, il ne faut pas occulter l'essentiel : les entreprises et les investisseurs doivent s’adapter à un monde où les risques environnementaux et sociaux sont de plus en plus incontournables.
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Texte achevé de rédiger le 24 janvier 2025 par Aude Magrez, Analyste ESG
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